Témoignage & Interview

« La France, c'est devenu ma maison » — Kateryna Marchenko, épouse ukrainienne à Lyon

Portrait éditorial Kateryna Marchenko, épouse ukrainienne installée à Lyon, témoignage 2026
Kateryna Marchenko, 31 ans, conseillère en intégration au CADA de Lyon, partage son témoignage sur trois ans de vie franco-ukrainienne : les premières démarches, les obstacles administratifs, la vie de couple et la construction d'un nouveau foyer en France. Portrait éditorial — personnage fictif créé à des fins illustratives.

Depuis le début du conflit en Ukraine en février 2022, plus de 120 000 Ukrainiennes ont trouvé refuge en France selon les données de l'OFPRA. Parmi elles, des milliers ont construit une vie durable dans l'Hexagone, parfois en épousant un ressortissant français. Ces mariages franco-ukrainiens, encore mal connus du grand public, représentent une réalité de plus en plus visible dans nos villes — Lyon, Paris, Marseille, Bordeaux. Comment se construit cette vie au quotidien ? Quelles sont les vraies difficultés, et ce qui surprend le plus ?

Kateryna Marchenko, 31 ans, est arrivée à Lyon fin 2022 après l'évacuation de sa ville natale de Kharkiv. Elle a rencontré Pierre, ingénieur lyonnais de 35 ans, dans un centre d'accueil où elle participait à des ateliers de langue française. Ils se sont mariés en 2023. Aujourd'hui, Kateryna travaille comme conseillère en intégration au CADA de Lyon, aidant d'autres femmes ukrainiennes à traverser les mêmes démarches qu'elle a vécues. Elle a accepté de nous parler avec une franchise et une chaleur rares.

L'arrivée en France en 2022 : le choc et l'élan

La Rédaction : Kateryna, comment s'est passée votre arrivée en France à la fin de 2022 ? Qu'avez-vous ressenti en débarquant à Lyon ?
Kateryna Marchenko :

C'était à la fois terrifiant et libérateur. J'avais quitté Kharkiv avec un sac à dos, mon chat et ma fille aînée de ma sœur qui n'a pas pu partir — elle m'avait confié sa petite fille de 4 ans pour qu'elle soit en sécurité. Donc j'arrivais en France avec une enfant qui n'était pas la mienne, sans parler un mot de français, avec moins de 300 euros en poche.

La France a activé la protection temporaire très rapidement. En moins de deux semaines, on nous a logées dans un centre d'hébergement d'urgence à Villeurbanne, avec une assistante sociale qui parlait un peu russe. C'est là que j'ai compris que la France avait décidé de nous accueillir vraiment — pas juste symboliquement. Ça m'a bouleversée. Je m'attendais à l'indifférence administrative, et j'ai trouvé des gens qui savaient nos prénoms.

La première semaine, j'ai pleuré tous les soirs. Pas de découragement — plutôt un mélange d'épuisement et d'une gratitude qui débordait. Kharkiv était encore sous les bombardements. Ici, il y avait du silence la nuit. C'est quelque chose qu'on ne réalise pas, en temps normal, à quel point le silence la nuit est un luxe extraordinaire.

Les démarches les plus difficiles administrativement

La Rédaction : La première période en France est souvent décrite comme un parcours du combattant administratif. Quelles ont été les démarches les plus éprouvantes pour vous ?
Kateryna Marchenko :

La question de mon statut a été complexe dès le départ, parce que ma situation évoluait vite. J'avais la protection temporaire ukrainienne, puis j'ai rencontré Pierre, et très rapidement nous avons voulu nous marier. Passer du statut de "déplacée temporaire" à celui de "future épouse de Français" — c'est deux mondes administratifs différents qui ne communiquent pas du tout entre eux.

Le plus éprouvant ? Obtenir la transcription de mon état civil ukrainien. En Ukraine, beaucoup d'actes de naissance et de documents officiels sont encore sur papier, parfois endommagés, parfois dans des villes partiellement détruites. J'ai mis cinq mois à rassembler tous mes documents d'état civil originaux avec les apostilles, les traductions assermentées, les légalisations. Cinq mois, pendant lesquels mes démarches de mariage étaient bloquées.

Ce que je dis toujours aux femmes que j'accompagne au CADA aujourd'hui : commencez par les documents d'état civil ukrainiens, dès le premier jour. Avant même de penser au titre de séjour, au travail, au logement. Ces documents sont la clé de tout le reste. Et obtenez-en plusieurs copies authentifiées, parce qu'on vous les demandera encore et encore.

Le titre de séjour d'épouse de Français : traverser la procédure

La Rédaction : Vous étiez d'abord sous protection temporaire, puis vous avez épousé Pierre. Comment s'est passée la transition vers le titre de séjour d'épouse de Français ? Quels conseils pratiques donneriez-vous ?
Kateryna Marchenko :

Le visa long séjour valant titre de séjour — le VLS-TS mention "vie privée et familiale" — c'est le sésame. Il faut l'obtenir avant d'entrer en France, en principe, via le consulat français du pays d'origine. Mais pour les Ukrainiennes déjà en France sous protection temporaire, il y a une procédure dérogatoire : on peut déposer une demande de changement de statut directement auprès de la préfecture du lieu de résidence.

La préfecture du Rhône a été assez réactive — j'ai attendu quatre mois et demi pour obtenir mon premier titre. Pendant ce temps, j'avais un récépissé qui m'autorisait à rester et à travailler. Ce récépissé, conservez-le comme votre passeport. Sans lui, certains employeurs refusent de vous embaucher, certaines banques refusent d'ouvrir un compte.

Mon conseil le plus pratique : ne faites jamais ces démarches seule. Il existe des associations d'aide juridique aux étrangers dans toutes les grandes villes — à Lyon, le GISTI local et l'ALPIL font un travail remarquable. Et pour tout ce qui touche au guide mariage franco-ukrainien, les ressources en ligne ont énormément progressé en 2025-2026.

Vie de couple franco-ukrainien : les premières tensions culturelles

La Rédaction : Votre couple est franco-ukrainien. Quelles ont été les premières tensions culturelles que vous n'anticipiez pas du tout avant de vous installer ensemble ?
Kateryna Marchenko :

La gestion de l'espace domestique ! Ça peut paraître anodin, mais c'est révélateur de tout. En Ukraine, et plus généralement dans la culture slave, la maison est un lieu de représentation sociale très important. On reçoit les amis à la maison, on cuisine beaucoup, on met la table même pour un café. Pierre, lui, venait d'une famille où "passer à la maison" c'était sonner à l'improviste et repartir avec un verre de jus de fruits. Ces deux conceptions du foyer — l'une très formelle et hospitalière, l'autre très décontractée — ont créé des malentendus les trois premiers mois.

Il y avait aussi la question de l'expression des émotions. Pierre dit ce qu'il ressent directement, simplement. Moi, j'avais été élevée dans une culture où les émotions difficiles se gardent un peu pour soi — on "tient". Quand il me demandait comment j'allais après une mauvaise nouvelle d'Ukraine, et que je répondais "bien", il ne comprenait pas que "bien" signifiait en réalité "j'ai besoin d'être tenue dans ses bras mais je ne sais pas comment le demander". Ça s'apprend, mais ça prend du temps.

Ce qui nous a le plus aidés : une psychologue de couple francophone que nous avons consultée pendant six mois. Pas parce que nous allions mal, mais parce que nous voulions construire quelque chose de solide dès le départ. Je recommande ça à tous les couples franco-ukrainiens.

Couple franco-ukrainien dans leur appartement lyonnais, vie quotidienne 2026
La vie de couple franco-ukrainien se construit dans les petits gestes du quotidien — entre deux langues, deux façons d'être chez soi, deux façons de traverser l'inquiétude.

La langue : apprendre le français rapidement

La Rédaction : Votre niveau de français semble remarquable pour quelqu'un arrivé en 2022. Comment avez-vous appris aussi vite ? Quel conseil concret donneriez-vous à une Ukrainienne qui débarque aujourd'hui ?
Kateryna Marchenko :

J'ai eu la chance d'avoir un contexte qui m'obligeait à apprendre. Dès la deuxième semaine, je m'occupais de la petite fille de ma sœur, qui allait à la crèche. J'étais en contact quotidien avec les éducatrices, les autres parents — des gens qui ne parlaient pas ukrainien, pas russe, et qui me parlaient naturellement. L'immersion totale, sans filet. C'est brutal, mais c'est terriblement efficace.

En parallèle, j'ai suivi les cours du dispositif "Ouvrir l'école aux parents" proposé par l'Éducation nationale, puis les cours du CNED adaptés aux adultes allophones. Et surtout — j'ai regardé des séries françaises en VO sous-titrée en français (pas en ukrainien !). Je regardais la même scène trois fois si nécessaire, je notais les expressions idiomatiques. "C'est pas le pied", "ça marche", "t'inquiète" — ces expressions du quotidien ne sont dans aucun manuel.

Mon conseil : parlez français dès le premier jour, même si vous faites des erreurs grotesques. Les Français sont beaucoup plus indulgents qu'on ne le croit. Personne ne vous jugera pour votre accent. Mais si vous attendez d'être "prête" pour parler, vous attendrez encore dans dix ans.

Travailler en France avec des diplômes ukrainiens

La Rédaction : En Ukraine, vous étiez psychologue de formation. Comment avez-vous pu travailler dans le domaine de l'intégration en France avec vos diplômes ukrainiens ?
Kateryna Marchenko :

Mon diplôme de psychologue de l'Université de Kharkiv n'est pas reconnu automatiquement en France — la psychologie est une profession réglementée ici. Pour exercer en tant que psychologue clinicienne, il me faudrait une équivalence via le Centre ENIC-NARIC et potentiellement une formation complémentaire. C'est un parcours que j'envisage, mais qui prend du temps.

En attendant, j'ai candidaté au CADA comme "médiatrice culturelle" et "conseillère en intégration" — des postes qui ne nécessitent pas de titre réglementé, mais qui valorisent mon expérience vécue. C'est une voie que je recommande : utiliser ce que vous êtes, pas seulement ce que vous avez étudié. Mon vécu d'Ukrainienne ayant traversé les mêmes démarches que les femmes que j'accompagne, c'est une qualification que nul diplôme n'aurait pu me donner.

Pour les démarches complètes visa épouse ukrainienne et la reconnaissance de diplômes, le Centre ENIC-NARIC (enic-naric.fr) est la ressource officielle incontournable. La demande d'attestation de comparabilité coûte 70 euros et prend environ 4 mois. C'est la première chose à faire si vous avez un diplôme de l'enseignement supérieur.

La famille restée en Ukraine : gérer la distance et le conflit

La Rédaction : Votre famille est restée en Ukraine pendant que le conflit se poursuit. Comment gérez-vous cette distance psychologiquement au quotidien ? C'est peut-être le point le plus difficile ?
Kateryna Marchenko :

C'est le point le plus difficile, oui. Sans hésitation. J'ai ma mère à Poltava, mon frère qui a été mobilisé au printemps 2024, des amies d'enfance dont je suis sans nouvelles depuis des semaines parfois. Vous vous réveillez le matin et la première chose que vous faites avant même de sortir du lit, c'est vérifier les notifications Telegram pour voir si tout le monde est encore vivant. Ce n'est pas une façon normale de commencer sa journée.

Ce qui m'a aidée, c'est d'instaurer des rituels. On appelle ma mère chaque dimanche à 11h. On envoie des colis humanitaires une fois par mois. On a constitué un fonds d'urgence pour pouvoir envoyer de l'argent rapidement si nécessaire. Ces rituels donnent un cadre, une structure. Ils transforment l'impuissance en action concrète.

J'ai aussi eu recours à un suivi psychologique individuel — Pierre aussi a fait quelques séances pour comprendre comment me soutenir sans être submergé lui-même. Je ne savais pas avant d'arriver en France que la France dispose d'associations spécialisées dans le soutien aux familles franco-ukrainiennes. Des ressources comme franceukraine.fr ont été précieuses pour trouver des informations sur la vie quotidienne et l'intégration des Ukrainiennes en France — soutien psychologique, aide juridique, accompagnement des enfants. Je les recommande à toutes.

Épouse ukrainienne en France, vie quotidienne à Lyon, famille franco-ukrainienne 2026
Construire une vie franco-ukrainienne, c'est apprendre à tenir deux réalités en même temps : la joie de la vie en France et la douleur de ce qui se passe là-bas.

Ce qui vous a le plus surpris dans la société française

La Rédaction : Après trois ans en France, qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans la société française — en bien et en moins bien ?
Kateryna Marchenko :

En bien : la laïcité vécue au quotidien. En Ukraine, la religion — orthodoxe, catholique grecque, protestante — structure encore beaucoup les identités régionales. En France, personne ne vous demande si vous êtes croyante, quelle fête vous célébrez, à quelle église vous allez. Cette discrétion sur la religion m'a d'abord déstabilisée, puis profondément soulagée. C'est un espace de liberté intime que je n'avais pas anticipé.

En bien aussi : le système de santé. En Ukraine, avant la guerre, vous payiez beaucoup de soins de votre poche. Ici, ma première consultation chez un généraliste m'a coûté zéro euro grâce à la CPAM. Mon suivi psychologique remboursé à 60 %. Je pleurais presque à la sortie de la pharmacie la première fois qu'une ordonnance me coûtait 1,80 euro.

En moins bien : la lenteur administrative. Honnêtement, la France est un paradis administratif pour qui en comprend les codes — mais pour qui arrive de l'extérieur, c'est une machine opaque, contradictoire, qui vous demande les mêmes documents dix fois. Et la distance dans les relations sociales. Les Français sont chaleureux en public, mais il faut souvent attendre deux ans avant qu'ils vous invitent vraiment chez eux. En Ukraine, on aurait cuisiné pour vous dès le troisième jour.

Votre message aux Ukrainiennes qui envisagent de s'installer en France en 2026

La Rédaction : Si vous deviez adresser un message direct à une Ukrainienne qui hésite à s'installer définitivement en France en 2026, que lui diriez-vous ?
Kateryna Marchenko :

Je lui dirais : ne confondez pas "s'installer" et "abandonner". Beaucoup d'Ukrainiennes hésitent parce qu'elles ont l'impression que partir définitivement, c'est trahir l'Ukraine. Ce n'est pas vrai. La meilleure chose que vous pouvez faire pour l'Ukraine depuis la France, c'est de vous construire une vie stable, de travailler, de payer des impôts ici, d'envoyer des ressources là-bas, d'être une ambassadrice de votre culture. Votre présence ici n'est pas une désertion — c'est une forme de résistance silencieuse.

Je lui dirais aussi : préparez vos documents d'état civil dès maintenant, même si vous n'avez pas encore décidé de partir. Acte de naissance avec apostille, diplômes certifiés, extrait de casier judiciaire. Ces documents mettent des mois à obtenir en temps de guerre. Faites-le pendant qu'il en est encore temps.

Et enfin : cherchez une communauté. Pas pour vous replier sur vous-même — pour avoir un filet. La procédure visa long séjour est difficile à traverser seule. Les associations, les CADA, les mairies ont des ressources. Utilisez-les sans honte. Demander de l'aide, en France, n'est pas une faiblesse — c'est de la stratégie.

Idées reçues sur les épouses ukrainiennes en France

FAUX
« Les Ukrainiennes ne veulent que fuir la guerre »

La réalité est plus nuancée. Beaucoup d'Ukrainiennes qui s'installent en France ont des projets de vie à long terme : études, carrière, famille. Le conflit a accéléré une migration qui existait déjà avant 2022. Et pour celles qui sont arrivées en urgence, la grande majorité a rapidement construit un projet d'avenir autonome — elle ne "fuit" plus, elle construit.

FAUX
« Elles ne peuvent pas travailler immédiatement »

Le visa VLS-TS "vie privée et familiale" autorise le travail dès le premier jour de validité. De même, la protection temporaire accordée aux Ukrainiennes depuis mars 2022 inclut explicitement le droit au travail. Les récépissés de demande de titre de séjour autorisent généralement le travail. En pratique, certains employeurs méconnaissent ces règles — il faut parfois les informer.

PARTIEL
« Leurs diplômes ne sont pas reconnus »

Pour les professions non réglementées (marketing, comptabilité, informatique, design…), les diplômes ukrainiens sont généralement acceptés par les employeurs avec une attestation ENIC-NARIC. Pour les professions réglementées (médecin, pharmacien, architecte, avocat…), une procédure spécifique de reconnaissance est nécessaire. Ce n'est pas impossible — mais c'est long.

FAUX
« La barrière linguistique est insurmontable »

Les femmes ukrainiennes présentent statistiquement l'une des courbes d'apprentissage du français les plus rapides parmi les ressortissantes non francophones. L'ukrainien est une langue indo-européenne avec une grammaire complexe ; les locutrices ukrainiennes maîtrisent facilement la logique grammaticale française. Avec une méthode sérieuse et une immersion totale, un niveau B2 est atteignable en 12 à 18 mois.

FAUX
« Elles veulent toutes retourner en Ukraine »

Les enquêtes menées auprès des déplacées ukrainiennes en France (notamment par la Fondation Jean Jaurès en 2024) montrent qu'une majorité envisage de rester en France à moyen terme, indépendamment de l'issue du conflit. Beaucoup ont scolarisé leurs enfants, trouvé un emploi, noué des liens. La question n'est plus "quand rentrer ?" mais "comment construire ici ?"

3 conseils essentiels pour une Ukrainienne qui s'installe en France

1
Anticipez vos documents d'état civil dès le premier jour

Acte de naissance avec apostille, diplômes certifiés, extrait de casier judiciaire ukrainien — obtenez tout ça avant d'entamer toute démarche de titre de séjour ou de mariage. Ces documents ukrainiens sont la fondation de toute votre vie administrative en France. Sans eux, tout est bloqué. Avec eux, tout devient possible. Pour les étapes du mariage franco-ukrainien, consultez notre checklist complète qui liste chaque document nécessaire.

2
Apprenez le français comme si votre vie en dépendait — parce que c'est le cas

Pas dans 6 mois, pas quand vous vous sentirez prête. Dès le premier jour. Les cours OFII (obligatoires pour les primo-arrivants) sont un bon départ, mais insuffisants. Complétez avec les cours du Secours catholique, les ateliers des centres sociaux, les tandem linguistiques. Et regardez des séries françaises en VO sous-titrée en français — jamais en ukrainien.

3
Soignez votre santé mentale avec la même rigueur que vos démarches administratives

Le syndrome du survivant, le deuil du pays, l'inquiétude permanente pour les proches — ce sont des charges psychologiques réelles qui épuisent et qui peuvent détruire un couple si on les ignore. En France, des consultations psychologiques sont remboursées. Utilisez-les. Votre couple franco-ukrainien sera d'autant plus solide que vous serez vous-même en état de le construire.

Questions fréquentes

Quel titre de séjour une épouse ukrainienne peut-elle obtenir en France ?

Une Ukrainienne mariée à un ressortissant français peut demander un visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) mention "vie privée et familiale". Ce titre est renouvelable annuellement pendant les deux premières années, puis peut donner lieu à une carte de résident de 10 ans. Depuis 2022, les Ukrainiennes bénéficiant de la protection temporaire peuvent également obtenir une autorisation provisoire de séjour (APS), mais le statut d'épouse de Français offre une protection nettement plus stable.

Comment faire reconnaître ses diplômes ukrainiens en France ?

La reconnaissance des diplômes ukrainiens dépend de la profession. Pour les professions réglementées (médecin, architecte, avocat), une procédure de reconnaissance auprès de l'ordre professionnel concerné est obligatoire. Pour les professions non réglementées, le Centre ENIC-NARIC France délivre une attestation de comparabilité qui facilite la recherche d'emploi. La démarche prend généralement 3 à 6 mois.

Une épouse ukrainienne a-t-elle droit aux allocations en France ?

Oui, sous conditions. Titulaire d'un VLS-TS "vie privée et familiale", une Ukrainienne peut accéder aux prestations familiales (CAF) dès lors qu'elle réside régulièrement en France depuis au moins 3 mois. Le RSA est accessible après 5 ans de séjour régulier. L'assurance maladie est possible dès l'arrivée via la CPAM sur présentation du titre de séjour valide.

Comment convertir son permis de conduire ukrainien en France ?

Depuis juillet 2023, la France et l'Ukraine ont signé un accord de reconnaissance mutuelle des permis de conduire. Une Ukrainienne résidant légalement en France peut échanger son permis ukrainien contre un permis français sans repasser l'examen, à condition que le permis soit valide et ait été obtenu avant l'installation en France. La demande se fait via l'ANTS avec une traduction assermentée du permis original.

Une épouse ukrainienne peut-elle faire venir sa famille en France ?

Oui, via le regroupement familial, mais sous conditions strictes. Il faut être titulaire d'un titre de séjour d'au moins un an, justifier de ressources suffisantes (au moins 120 % du SMIC pour un couple avec enfant) et disposer d'un logement décent. Les délais sont généralement de 12 à 18 mois. Pour les parents directs encore en Ukraine, des visas de court séjour ou des visas humanitaires peuvent être envisagés selon la situation.

Cet article est un portrait éditorial. Kateryna Marchenko est un personnage fictif créé à des fins illustratives, incarnant un profil représentatif des épouses ukrainiennes installées en France depuis 2022. Les démarches et délais évoqués correspondent à la réglementation française en vigueur au 1er juin 2026 — toujours vérifier auprès d'un professionnel du droit ou d'une association agréée avant d'entreprendre ces démarches.